L'Oeil Curieux

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Tag - B.N.F. Mitterrand

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samedi 12 décembre 2020

Koudelka de conscience

Je ne sais pas si je dois me réjouir ou en pleurer.

J'écris mon premier billet sur une exposition virtuelle.
J'aurais aimé me retrouver en face de ces immenses photographies de ruines, perdre mon regard dans ce noir et blanc majestueux qui nous emporte dans l'antiquité.
J'aurais pu effectuer cette visite jusqu'à hier, vendredi 11 décembre.
Pour rester dans l'euphémisme, nous dirons que la COVID 19 m'en aura empêché....

Alors j'ai envie de pleurer pour cette société sans culture publique, sans cinémas, musées, théâtres, concerts, et pendant trop de temps, sans librairies.

Mais je peux me réjouir, car je suis cerné par mes livres chéris, parce ce que j'ai dans le grenier de ma mémoire, toutes les peintures, les sculptures, les installations, les photographies, les dessins, les musiques et les images animées qui m'ont nourri.
Je me réjouis, car grâce à Internet, je peux continuer à découvrir le monde et ses artistes et voyager dans le temps et l'espace malgré ce maudit confinement.

Je peux me réjouir, car je suis un voyageur immobile infatigable.

Mais les musées me manquent, les rues de Paris, le petit restaurant avant ou après l'exposition, tout ce qui fait le sel d'habiter à quelques dizaines de minutes de Paris avec un ticket de bus (enfin, maintenant un Navigo Liberté +, une véritable invitation au voyage).

Je n'ai choisi qu'une photographie pour illustrer ma « visite ».
Pont du Gard (Remoulins) 2015, © Josef Koudelka/ Magnum Photos
Josef Koudelka, Pont du Gard (Remoulins) 2015
© Josef Koudelka/ Magnum Photos

Ce pont du Gard me rappelle nos vacances à Lussan, chez Huguette et Jean, en famille avec les enfants.
La chaleur du sud, les cigales qui cymbalisent, et cet aqueduc qui enjambe avec persévérance la vallée du Gardon depuis bientôt 2000 ans.

Les images de Koudelka sont splendides, ces ruines antiques sont majestueuses, mais ce sont des ruines, des restes, des résidus d'une grandeur passée et perdue.

Qui photographiera les ruines de notre civilisation moderne, seront-elles aussi belles et qui pourra les admirer ?

La visite virtuelle commence ici !


vendredi 29 juin 2018

Des icônes, une icône

Il est resté coincé dans l'espace-temps, l'Oeil curieux ?
Encore du Mai 68 alors que juin 2018 vit ces derniers jours ?

Ce n’est qu'un début, continuons les visites !
Voici ma réponse aux petits bourgeois réactionnaires, complices serviles du grand capital et autres laquais de l'impérialisme yankee.

Plus sérieusement, deux expositions, très différentes dans la forme et le propos, nous offrent la possibilité de regarder Mai 68 autrement.

Après votre visite à la BNF, vous ne regarderez plus jamais quelques-unes des images les plus emblématiques de mai 68 de la même façon.

Par exemple, le célèbre portrait de Cohn-Bendit  par Gilles Caron est tellement présent dans mon esprit que lors de ma visite aux Beaux Arts, j'ai d'abord pensé que l'affiche "Nous sommes tous des indésirables" avait été faite d'après le cliché de Caron.







Alors qu'il s'agit d'une photographie de Jacques Haillot, prise très probablement le même jour.

Daniel Cohn-Bendit face à un CRS. Photo : Jacques Haillot
Cohn-Bendit face à un CRS. Photo : Jacques Haillot

Mais, a posteriori, le portrait par Caron est devenu LE portrait symbolique, et l'exposition vous permettra de bien comprendre ce phénomène.

Très pertinente, elle vous révélera aussi pourquoi Mai 68 est vu le plus souvent en Noir & Blanc, alors que la couleur était déjà couramment utilisée dans les grands magazines d’information et pourquoi la première « nuit des barricades » (du 10 au 11 mai) n'est pas illustrée par une image symbolique.
Elle est aussi une bonne occasion de revoir ou de découvrir plein d'images de mai 68 et pour un aficionado du photojournalisme, c'est un vrai régal, avec beaucoup de Gilles Caron.
Gilles Caron Etudiant pourchassé par un CRS, rue du Vieux Colombier, Paris, nuit du 6 mai 68
Gilles Caron
Etudiant pourchassé par un CRS, rue du Vieux Colombier, Paris, nuit du 6 mai 68
© Gilles Caron / Fondation Gilles Caron
Crédit photographique : © Philippe Migeat - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
© SAIF

Et pour assouvir la Caronite aiguë, mal dont je suis personnellement affecté depuis plus d'une quarantaine d'années, il y a l'exposition à l’hôtel de ville de Paris.
100 % Caron, elle couvre une année de travail du photographe, l'année 68.
Il y a beaucoup d'images moins connues de sa couverture des évènements de mai, mais aussi ses travaux à l'international et une très belle série de portraits du général de Gaulle.
Une excellente façon d'assouvir une addiction photographique.



vendredi 9 février 2018

Un petit parfum de mort

J'ai senti comme un petit parfum de mort dans l'Allée Julien Cain.
Les lauréats de la Bourse du Talent 2017 ont déposé un voile de cendres sur mon regard.

Mort invisible, cachée dans la blancheur de l'hiver chez Florian Ruiz.
Le photographe fait pulser les paysages de Fukushima au rythme du compteur Geiger et nomme ses clichés d'après la radioactivité mesurée dans cette nature faussement paisible.
0,484Bq - Florian Ruiz -The white contamination © Florian Ruiz
0,484Bq - Florian Ruiz -The white contamination © Florian ruiz

0,537Bq - Florian ruiz -The white contamination © Florian Ruiz
0,537Bq - Florian Ruiz -The white contamination © Florian Ruiz

Mort au combien visible, avec un visage.
Alexander Vasukovich a photographié des combattants du Donbass.
Plus d'un an après, il écrit la chronique ordinaire d'une guerre oubliée avec les mêmes photos souvenirs et une vue aérienne d'un lieu  : la vie, la mort et le lieu de la fin.
Alexander Vasukovich - Commemorative photo
Alexander Vasukovich - Commemorative photo

Alexander Vasukovich - Commemorative photo
Alexander Vasukovich - Commemorative photo

Alexander Vasukovich - Commemorative photo
Alexander Vasukovich - Commemorative photo

Mort en puissance, tapie dans les munitions des Smith & Wesson, Colt et autres Ruger.
L'âge de l'innocence de Laurent Badessi est la chronique d'une Amérique née dans la violence et toujours malade d'une fascination morbide des armes à feu.
Laurent Elie Badessi - Age of innocence
Laurent Elie Badessi - Age of innocence

Laurent Elie Badessi - Age of innocence
Laurent Elie Badessi - Age of innocence


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