L'Oeil Curieux

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Tag - Fondation Henri Cartier Bresson

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samedi 13 juin 2020

Le paradoxe du déconfinement

Première sortie dans Paris après 3 mois de confinement et je ne trouve rien mieux que d'aller m’enfermer pour une exposition de photographie.
Comble de perversité, mon regard se perd alors dans un ciel emprisonné dans une cour intérieure ou dans une rue encadrée par une fenêtre ouverte.
Cour intérieure, 28 septembre 2008 © Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London
Cour intérieure, 28 septembre 2008
© Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London

Alger 22h05, le 9 novembre 2013 © Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London
Alger 22h05, le 9 novembre 2013
© Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London

Même le paysage n'est qu'un panneau en céramique peinte, sur le thème de la fondation de Marseille, datée de 1895 et signée Gilardoni Fils & cie, céramiste et JB Pons & cie.
En suisse le palais du roi 22h45 le 21 fevrier 2019 © Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London
En suisse le palais du roi 22h45 le 21 fevrier 2019
© Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London

Quant à la voie de chemin de fer, camp de migrants, elle sommeille, vide de toute présence, étrangement souillée par la tache d'encre nocturne d'une ombre facétieuse. La voie de chemin de fer. 3 mars 2012. 05H18 © Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London
La voie de chemin de fer. 3 mars 2012. 05H18
© Marie Bovo, Courtesy the artist and kamel mennour, Paris/London




Pour trouver des humains, si absents des images de Marie Bovo, il y a les magnifiques portraits de Martine Franck.

Agnès Varda semble vêtue de sa robe couleur de feuillage à l'instar de Peau d’Ane et ses robes couleur du temps, couleur de lune et couleur de soleil.
France. Normandie. Agnès Varda (Cinéaste française) au Moulin d'Andé.© Martine Franck/Magnum Photos
France. Normandie. Agnès Varda (Cinéaste française) au Moulin d'Andé.
© Martine Franck/Magnum Photos




dimanche 11 novembre 2018

Martine fait de la photographie

Il aura fallu un déménagement pour que je découvre Martine Franck.
Celui de la Fondation HCB, qu'elle a fondé avec son époux Henri Cartier Bresson, et désormais installée au bout de la Rue des Archives (je dis au bout parce que, pour moi, la rue des Archives commence Rue de Rivoli, quand je sors du métropolitain).

J'ai donc découvert cette photographe et femme libre dans les vastes et nouveaux locaux de la Fondation.

De la photographie classique, avec une sereine plénitude dans les paysages, propice à la méditation,
Martine Franck, Kyoto. Ohara. Jardin du temple Sanzen-in. © Martine Franck/Magnum Photos
Martine Franck, Kyoto. Ohara. Jardin du temple Sanzen-in.
© Martine Franck/Magnum Photos

Martine Franck, Kyoto. Fenêtre au Museum of Modern Art, 2008. © Martine Franck/Magnum Photos
Martine Franck, Kyoto. Fenêtre au Museum of Modern Art, 2008.
© Martine Franck/Magnum Photos

Martine Franck, Yorkshire. RAF Fylingdales, Controle Radar. Les Radomes. © Martine Franck/Magnum Photos
Martine Franck, Yorkshire. RAF Fylingdales, Controle Radar. Les Radomes.
© Martine Franck/Magnum Photos

et une attention aux autres, parfait reflet de l'engagement de toute une vie, que j'ai particulièrement ressentie dans ses portraits.
Martine Franck, Binche. Carnaval. Février 1975. © Martine Franck/Magnum Photos
Martine Franck, Binche. Carnaval. Février 1975.
© Martine Franck/Magnum Photos

Martine Franck, Agnès Varda à son domicile Rue Daguerre. © Martine Franck/Magnum Photos
Martine Franck, Agnès Varda à son domicile Rue Daguerre.
© Martine Franck/Magnum Photos

Martine Franck, l'Abbé Pierre. Seine Maritime. Esteville. 1994.
Martine Franck, l'Abbé Pierre. Seine Maritime. Esteville. 1994.
© Martine Franck/Magnum Photos

Martine Franck est une photographe à découvrir, je viens enfin de le faire avec grand plaisir.

P.-S. Je vous demande de m'excuser pour le titre, mais je n'ai pas su résister...


mardi 29 mai 2018

Les lieux des petits riens

Troisième rencontre avec Robert Adams, troisième émerveillement.
Certainement le plus intense.

Malgré une apparente banalité, avec des cadrages déroutants (l'appareil était dissimulé derrière un sac à provisions et donc les photos prises à mi-hauteur d'homme ; mais finalement aussi à la hauteur d'un regard d'enfant) et des situations ordinaires, cette série « Nos vies et nos enfants » est d'une puissance inexplicable.

Elle est le regard d'un homme qui a pris conscience que l'humanité, avec l'arme nucléaire, possède le pouvoir déraisonnable de se détruire.
Que cette destruction soit le fait de frappes déclenchées dans le cadre d'un conflit, ou peut être pire, d'un déclenchement accidentel, ne changera rien à l'issue: la disparition de nos vies et des nos enfants.

Dans l'exposition, il y a des textes du photographe expliquant sa démarche dans la réalisation de cette série.

D’après moi, pour trouver en nous-mêmes la volonté d’interroger inlassablement les politiciens, nous devons d’abord chérir les individus avec lesquels nous vivons.
Il nous faut découvrir ce que chacun de ces êtres recèle d’absolu mystérieux.

Robert Adams Extraits de la postface de Our Lives and Our Children, Aperture, 1983
Traduit de l'anglais par Brice Matthieussent

Cette quête d'absolu mystérieux, elle se déploie devant nos yeux.

Un enfant tendrement porté dans les bras,
Robert Adams sans titre série "Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81" © Robert Adams
Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81
© Robert Adams

Des couples, jeunes et vieux,
Robert Adams sans titre série "Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81" © Robert Adams
Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81
© Robert Adams

Robert Adams sans titre série "Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81" © Robert Adams
Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81
© Robert Adams

Une petite fille souriante qui va sauter dans les bras de son grand-père,
Robert Adams sans titre série "Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81" © Robert Adams
Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81
© Robert Adams

Une autre petite fille, très élégante, portant sérieusement un gobelet,
Robert Adams sans titre série "Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81" © Robert Adams
Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81
© Robert Adams

Un caddy plein de limonade et une famille qui rejoint sa voiture.
Robert Adams sans titre série "Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81" © Robert Adams
Our Lives and Our Children: Photographs Taken near the Rocky Flats Nuclear Weapons Plant 1978-81
© Robert Adams

Derrière ces petits riens, ces situations que nous ne regardons même plus au quotidien, il y des vies, de la joie et des chagrins, du passé et de l'avenir, il y a tout ce que nous devrions chérir par-dessus tout.

Pour une dernière exposition Impasse Lebouis, avant son installation Rue des Archives, la Fondation HCB nous offre un très émouvant poème d'amour.


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