L'Oeil Curieux

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dimanche 27 septembre 2020

La recette parfaite

Comme toute bonne recette, il faut d'abord des ingrédients de premier choix  :
3776 m d'une belle montagne, à la forme géométrique très pure,
de la neige fraîche à volonté,
du papier japonais pour estampe,
de beaux paysages variés,
quelques pincées de mica et de poudre d'or,
du bleu de Prusse,
des encres de couleurs.

Pour sublimer ces beaux produits, il faut ensuite une belle brigade, avec des chefs au sommet de leur art, de l'époque Edo comme Hiroshige, Hokusai ou plus moderne, perpétuant la tradition comme Hasui, à l'ère Showa, et oeuvrant dans l'ombre, mais tout aussi importants les graveurs et les éditeurs.

Vous obtenez alors les estampes les plus remarquables célébrant la montagne sacrée de l'Empire du Soleil levant, le Fuji San et aussi les hivers rigoureux de l'archipel nippon.

Incontournable dans ses représentations du Fuji San, Hokusai nous surprend avec cette impression originelle, en bleu, de la célèbre vue dite « Fuji rouge ».
Katsushika Hokusai, Vent frais par matin clair, 1851
Katsushika Hokusai, Vent frais par matin clair, 1851
Série des Trente-Six vues du Mt Fuji

Autre surprise, un Mt Fuji habillement représenté sur du tissu, dans une estampe très chaste de Koryusai, dont les oeuvres portent plus souvent sur le mont de Vénus...
Isoda Koryusai, Une courtisane de la maison Asahimaruya, 1775-1781
Isoda Koryusai, Une courtisane de la maison Asahimaruya, 1775-1781
Série Présentation des nouveaux motifs à la mode

Pour les rigueurs hivernales, les artistes japonais réussissent comme par magie à nous faire entendre ce silence blanc qui étouffe les rumeurs de la vie, alors qu'une nuée de flocons ponctue les cieux.
Utagawa Hiroshige, Oi Les Soixante-neuf Stations du Kiso Kaidō, 1834-1842
Utagawa Hiroshige, Oi, 1834-1842
Série Les Soixante-neuf Stations du Kisokaidō

Kawase Hasui, Neige à Sekiguchi, 1932
Kawase Hasui, Neige à Sekiguchi, 1932

Kawase Hasui, Neige sur le temple Zojoji, 1953
Kawase Hasui, Neige sur le temple Zojoji, 1953



dimanche 26 mai 2019

Comment j'ai affronté les démons

Ce fut un combat épique, à l'ombre de la Tour Eiffel.
Le second étage de la Maison de la Culture du Japon était envahi de créatures plus terrifiantes les unes que les autres.

Ici, un terrible démon complètement décoiffé, cherchant à se faire passer pour un moine.
Ôtsu-e XVIIIème Siècle
Ôtsu-e XVIIIème Siècle

Là, j'ai surpris la créature alors qu'elle allait procéder à quelque rite impie dans une baignoire.
Démon au bain XVIIe siècle, peinture d’Ôtsu The Japan Folk Crafts Museum, Tokyo
Démon au bain XVIIe siècle
peinture d’Ôtsu The Japan Folk Crafts Museum, Tokyo

J'ai même dû me battre contre l’alliance impossible d'un démon et de la jeune fille à la glycine, la belle et la bête.
Kitagawa Utamaro (1753-1806), Souvenirs d’Ôtsu achetés à Edo, vers 1802-1803, gravure sur bois, collection particulière, Paris.
Kitagawa Utamaro, Souvenirs d’Ôtsu achetés à Edo, vers 1802-1803
gravure sur bois, collection particulière, Paris.

J'étais bien seul dans ces affrontements dantesques, les dieux étant plus préoccupés par leur hygiène que par l’éternel combat du bien et du mal.
Le dieu de la Fortune rasant le dieu de la Longévité sur une échelle XVIIIe siècle, peinture d’Ôtsu collection particulière, dépôt à l’Ôtsu City Museum of History, Japon
Le dieu de la Fortune rasant le dieu de la Longévité sur une échelle XVIIIe siècle
peinture d’Ôtsu collection particulière, dépôt à l’Ôtsu City Museum of History, Japon

J'ai encore les images de cette sarabande infernale dans la tête, Benkei et sa cloche, le fauconnier, le musicien aveugle et tous les autres.

Ils sont tous présents, comme sur les images vendues comme souvenirs aux pèlerins et aux voyageurs au relais d’Ôtsu, près de Kyôto.
Comme Utagawa Kuniyoshi, je suis hanté.
Utagawa Kuniyoshi "Les personnages Ōtsu-e devenant vivants"
Utagawa Kuniyoshi "Les personnages Ōtsu-e devenant vivants"

N'allez pas les affronter, pauvres humains !


dimanche 14 octobre 2018

J'ai vu la perfection

Mais l'Oeil Curieux est un pervers sadique !

Il publie des billets quand il a le temps et il ne trouve rien de mieux à faire qu'écrire sur une extraordinaire exposition le jour de sa fermeture.
Il faudrait enfermer ce pathétique psychopathe.

Restez positif, fidèles lectrices et lecteurs.
D'abord, si vous lisez ce billet avant ce dimanche 14 octobre 20 heures, vous pouvez encore faire une longue queue avant d'accéder à la perfection.
Ensuite, si vous ratez cette exposition, peut être aurez vous l'occasion, dans le futur, d'admirer ces merveilles à Tokyo ou ailleurs.
Nous nous y rencontrerons sans doute, car si l'occasion se présente, j'irais voir à nouveau la neige, les coquillages sur la plage et ce bébé poulpe tendrement ventousé sur un tentacule accueillant.

Ito Jakuchu Canards mandarins dans la neige, 1759, Tokyo, Musée des collections impériales (Sannomaru ShozoKan), Agence de la Maison impériale
Itō Jakuchū, Canards mandarins dans la neige, 1759
Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru ShozoKan)
Agence de la Maison impériale

Ito Jakuchu, Coquilles, 1761-1765, Tokyo, Musée des collections impériales (Sannomaru ShozoKan), Agence de la Maison impériale
Itō Jakuchū, Coquilles, 1761-1765
Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru ShozoKan)
Agence de la Maison impériale

Itō Jakuchū. Poissons, 1765-1766. Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru Shōzōkan). Agence de la Maison impériale.
Itō Jakuchū, Poissons, 1765-1766
Tōkyō, Musée des collections impériales (Sannomaru Shōzōkan)
Agence de la Maison impériale


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