L'Oeil Curieux

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Tag - Maison de la Culture du Japon à Paris

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dimanche 26 mai 2019

Comment j'ai affronté les démons

Ce fut un combat épique, à l'ombre de la Tour Eiffel.
Le second étage de la Maison de la Culture du Japon était envahi de créatures plus terrifiantes les unes que les autres.

Ici, un terrible démon complètement décoiffé, cherchant à se faire passer pour un moine.
Ôtsu-e XVIIIème Siècle
Ôtsu-e XVIIIème Siècle

Là, j'ai surpris la créature alors qu'elle allait procéder à quelque rite impie dans une baignoire.
Démon au bain XVIIe siècle, peinture d’Ôtsu The Japan Folk Crafts Museum, Tokyo
Démon au bain XVIIe siècle
peinture d’Ôtsu The Japan Folk Crafts Museum, Tokyo

J'ai même dû me battre contre l’alliance impossible d'un démon et de la jeune fille à la glycine, la belle et la bête.
Kitagawa Utamaro (1753-1806), Souvenirs d’Ôtsu achetés à Edo, vers 1802-1803, gravure sur bois, collection particulière, Paris.
Kitagawa Utamaro, Souvenirs d’Ôtsu achetés à Edo, vers 1802-1803
gravure sur bois, collection particulière, Paris.

J'étais bien seul dans ces affrontements dantesques, les dieux étant plus préoccupés par leur hygiène que par l’éternel combat du bien et du mal.
Le dieu de la Fortune rasant le dieu de la Longévité sur une échelle XVIIIe siècle, peinture d’Ôtsu collection particulière, dépôt à l’Ôtsu City Museum of History, Japon
Le dieu de la Fortune rasant le dieu de la Longévité sur une échelle XVIIIe siècle
peinture d’Ôtsu collection particulière, dépôt à l’Ôtsu City Museum of History, Japon

J'ai encore les images de cette sarabande infernale dans la tête, Benkei et sa cloche, le fauconnier, le musicien aveugle et tous les autres.

Ils sont tous présents, comme sur les images vendues comme souvenirs aux pèlerins et aux voyageurs au relais d’Ôtsu, près de Kyôto.
Comme Utagawa Kuniyoshi, je suis hanté.
Utagawa Kuniyoshi "Les personnages Ōtsu-e devenant vivants"
Utagawa Kuniyoshi "Les personnages Ōtsu-e devenant vivants"

N'allez pas les affronter, pauvres humains !


dimanche 10 décembre 2017

Pour Hokusaï....peut être

Tiens, c'est le retour du Japon chez L'Oeil Curieux.

Il serait presque légitime de parler de Japonisme, tant le Japon est présent dans les billets de ce blog, et surtout pour faire écho à l’exposition de la Maison de la Culture du Japon à Paris.

Après une délicieuses mise en condition avec quelques Origini, Mochi et autres thés Genmaicha au RdC de ladite MCJP, nous voici plongés dans la découverte du Japon par la France au XIXe siècle.
Netsukes, laques, céramiques illustrent avec élégance comment l'art japonais a été introduit en France à l'occasion de ventes aux enchères, dès 1840, ou lors de l'Exposition universelle de 1867, pour ensuite donner naissance au Japonisme.

Pour illustrer ma visite, j'ai choisi Hokusaï et ces lavis.
Hokusaï...peut être, puisque les lavis ne sont pas signés, mais seulement attribués au peintre japonais, célèbre pour sa Grande Vague et ses Cent vues du Mont Fuji.
Ces peintures sont de pures merveilles de sujets profondément japonais, souvent traités dans les images du monde flottant, mais rendus ici avec une perspective très occidentale.
Comme pour les estampes de Paul Jacoulet, la rencontre de l'Est avec l'Ouest agrémente les œuvres d'un surcroît de séduction.

Côté légendes des images, comme j'ai perdu les réflexes du bon blogueur, je n'avais pas noté les informations des cartels, mais grâce à la BNF je suis retombé sur mes pieds (en cliquant sur les images, vous arriverez sur le site Gallica /BNF pour les déguster en grand, et elles le méritent).


Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Pèlerinage au sanctuaire d'Ôyama
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Pêcheuses d'abalones (ama)
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Peinture d'une lanterne pour une festivité (À Kayabachô)
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Boutiques de laques et de bougies
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Mon image préférée reste ce paysage hivernal, avec son harmonie de chapeaux et d'ombrelles, et sa pâleur neigeuse.

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Le bac sous la neige
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Je trouve que les artistes japonais excellent bien souvent à rendre l'hiver somptueux.


dimanche 4 décembre 2016

Quelques jolies "choses à porter"

Il y aura eu un parfum de France dans les deux expositions visitées en 2016 à la Maison de la Culture du Japon à Paris (voir le billet sur Paul Jacoulet).

Kunihiko Moriguchi a résidé en France dans les années 60, élève de l’École nationale des arts décoratifs et ami avec le critique Gaëtan Picon et le peintre Balthus.
Il parle d’ailleurs encore français et semble apprécier les vins français, comme vous pourrez le voir dans le documentaire « Trésor vivant » qui lui est consacré par Marc Petitjean.

Voici pour la touche française, parce tout le reste est profondément nippon.
Comme son père, Kakō Moriguchi en 1967, Kunihiko Moriguchi a été désigné « trésor national » en 2007.
Un trésor national est un « conservateur des biens culturels immatériels importants », une personne reconnue par le gouvernement japonais comme détentrice d'un savoir qu'il est important de perpétuer.
C'est l’expression de cette continuité de la culture japonaise, qui chérit le passé et les traditions, sans pour autant rejeter le présent et la modernité.

Kunihiko Moriguchi est donc un maître reconnu, un maître du yûzen, la teinture des tissus.
Il réalise d'étonnants kimonos, dont la forme reste immuable, mais avec des motifs très géométriques, rigoureusement et scientifiquement dessinés.

Comme dans de nombreux arts au Pays du Soleil Levant, la nature, les éléments et les saisons sont des sources d'inspiration et les kimonos se nomment ainsi « Mûrissement » ou « Pureté du Matin ».

Kunihiko Moriguchi Première neige, 1986, Hiroshima Prefectural Art Museum
Kunihiko Moriguchi, Première neige, 1986
Hiroshima Prefectural Art Museum

Kunihiko Moriguchi Sable en dérive, 1984, Pièce en dépôt au National Museum of Modern Art, Tokyo
Kunihiko Moriguchi, Sable en dérive, 1984
Pièce en dépôt au National Museum of Modern Art, Tokyo

Kunihiko Moriguchi Aube, 1974, Collection particulière
Kunihiko Moriguchi, Aube, 1974
Collection particulière

Kunihiko Moriguchi Ecailles, 2012, Agence nationale japonaise des affaires culturelles
Kunihiko Moriguchi, Ecailles, 2012
Agence nationale japonaise des affaires culturelles

Le documentaire « Trésor vivant » complète à merveille l'exposition.
On y découvre le travail de Kunihiko Moriguchi, sa recherche de la perfection, les gestes répétés à l'infini d'un artisanat élevé au rang d'art, mais aussi sa vie quotidienne, chez lui, dans une rue modeste de Kyoto, avec le marchand ambulant de tofu, qui fait du porte à porte, comme cela se fait probablement depuis longtemps.

TRESOR VIVANT from Marc Petitjean on Vimeo.



Kimono (« vêtement »), du japonais 着物, de 着る (« porter sur soi ») et 物 (« chose »), littéralement « chose que l'on porte sur soi ».


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