L'Oeil Curieux

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Tag - Maison de la Culture du Japon à Paris

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dimanche 10 décembre 2017

Pour Hokusaï....peut être

Tiens, c'est le retour du Japon chez L'Oeil Curieux.

Il serait presque légitime de parler de Japonisme, tant le Japon est présent dans les billets de ce blog, et surtout pour faire écho à l’exposition de la Maison de la Culture du Japon à Paris.

Après une délicieuses mise en condition avec quelques Origini, Mochi et autres thés Genmaicha au RdC de ladite MCJP, nous voici plongés dans la découverte du Japon par la France au XIXe siècle.
Netsukes, laques, céramiques illustrent avec élégance comment l'art japonais a été introduit en France à l'occasion de ventes aux enchères, dès 1840, ou lors de l'Exposition universelle de 1867, pour ensuite donner naissance au Japonisme.

Pour illustrer ma visite, j'ai choisi Hokusaï et ces lavis.
Hokusaï...peut être, puisque les lavis ne sont pas signés, mais seulement attribués au peintre japonais, célèbre pour sa Grande Vague et ses Cent vues du Mont Fuji.
Ces peintures sont de pures merveilles de sujets profondément japonais, souvent traités dans les images du monde flottant, mais rendus ici avec une perspective très occidentale.
Comme pour les estampes de Paul Jacoulet, la rencontre de l'Est avec l'Ouest agrémente les œuvres d'un surcroît de séduction.

Côté légendes des images, comme j'ai perdu les réflexes du bon blogueur, je n'avais pas noté les informations des cartels, mais grâce à la BNF je suis retombé sur mes pieds (en cliquant sur les images, vous arriverez sur le site Gallica /BNF pour les déguster en grand, et elles le méritent).


Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Pèlerinage au sanctuaire d'Ôyama
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Pêcheuses d'abalones (ama)
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Peinture d'une lanterne pour une festivité (À Kayabachô)
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Boutiques de laques et de bougies
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Mon image préférée reste ce paysage hivernal, avec son harmonie de chapeaux et d'ombrelles, et sa pâleur neigeuse.

Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai Source gallica.bnf.fr / BnF
Le bac sous la neige
Lavis de couleur / non signés, Katsushika Hokusai
Source gallica.bnf.fr / BnF

Je trouve que les artistes japonais excellent bien souvent à rendre l'hiver somptueux.


dimanche 4 décembre 2016

Quelques jolies "choses à porter"

Il y aura eu un parfum de France dans les deux expositions visitées en 2016 à la Maison de la Culture du Japon à Paris (voir le billet sur Paul Jacoulet).

Kunihiko Moriguchi a résidé en France dans les années 60, élève de l’École nationale des arts décoratifs et ami avec le critique Gaëtan Picon et le peintre Balthus.
Il parle d’ailleurs encore français et semble apprécier les vins français, comme vous pourrez le voir dans le documentaire « Trésor vivant » qui lui est consacré par Marc Petitjean.

Voici pour la touche française, parce tout le reste est profondément nippon.
Comme son père, Kakō Moriguchi en 1967, Kunihiko Moriguchi a été désigné « trésor national » en 2007.
Un trésor national est un « conservateur des biens culturels immatériels importants », une personne reconnue par le gouvernement japonais comme détentrice d'un savoir qu'il est important de perpétuer.
C'est l’expression de cette continuité de la culture japonaise, qui chérit le passé et les traditions, sans pour autant rejeter le présent et la modernité.

Kunihiko Moriguchi est donc un maître reconnu, un maître du yûzen, la teinture des tissus.
Il réalise d'étonnants kimonos, dont la forme reste immuable, mais avec des motifs très géométriques, rigoureusement et scientifiquement dessinés.

Comme dans de nombreux arts au Pays du Soleil Levant, la nature, les éléments et les saisons sont des sources d'inspiration et les kimonos se nomment ainsi « Mûrissement » ou « Pureté du Matin ».

Kunihiko Moriguchi Première neige, 1986, Hiroshima Prefectural Art Museum
Kunihiko Moriguchi, Première neige, 1986
Hiroshima Prefectural Art Museum

Kunihiko Moriguchi Sable en dérive, 1984, Pièce en dépôt au National Museum of Modern Art, Tokyo
Kunihiko Moriguchi, Sable en dérive, 1984
Pièce en dépôt au National Museum of Modern Art, Tokyo

Kunihiko Moriguchi Aube, 1974, Collection particulière
Kunihiko Moriguchi, Aube, 1974
Collection particulière

Kunihiko Moriguchi Ecailles, 2012, Agence nationale japonaise des affaires culturelles
Kunihiko Moriguchi, Ecailles, 2012
Agence nationale japonaise des affaires culturelles

Le documentaire « Trésor vivant » complète à merveille l'exposition.
On y découvre le travail de Kunihiko Moriguchi, sa recherche de la perfection, les gestes répétés à l'infini d'un artisanat élevé au rang d'art, mais aussi sa vie quotidienne, chez lui, dans une rue modeste de Kyoto, avec le marchand ambulant de tofu, qui fait du porte à porte, comme cela se fait probablement depuis longtemps.

TRESOR VIVANT from Marc Petitjean on Vimeo.



Kimono (« vêtement »), du japonais 着物, de 着る (« porter sur soi ») et 物 (« chose »), littéralement « chose que l'on porte sur soi ».


dimanche 2 octobre 2016

Un autre regard

Mon tropisme pour l'Empire du Soleil Levant guide souvent mes pas et délie ma plume.
En attendant d’atterrir à Tokyo, Haneda, la Maison de la Culture du Japon, Quai Branly, est une destination plus proche et qui distille néanmoins de délicieuses saveurs nipponnes.

J'y ai fait, samedi, une de mes plus enthousiasmantes rencontres de l'année.

Paul Jacoulet, né à Paris en 1896, a vécu pratiquement toute sa vie au Japon, ou il est arrivé à l'âge de 3 ans.
Au Japon, il est reconnu comme l'un des derniers grands maîtres de l'estampe ukiyo-e, «  image du monde flottant  ».
L'expression semble particulièrement juste pour les portraits du maitre français  : il capture, avec une infinie justesse et une grande empathie, un monde pas si éloigné de celui Hiroshige, Hokusai ou Utamaro mais appelé à disparaître dans les années qui vont suivre.

Réalisées par les meilleurs artisans, ses estampes sont une étonnante synthèse de technique et formalisme totalement japonais et du regard curieux d'un artiste nourri d'art occidental.

Paul Jacoulet porte un regard d’ethnologue sur les danses traditionnelles.
Danses D'Okesa. Sado, Japon - Paul Jacoulet, 1952
Danses D'Okesa. Sado, Japon - Paul Jacoulet, 1952

Il croque avec tendresse la vie quotidienne, un jeune enfant porté par son frère, quelques piments rouges proposés par un modeste marchand et la tranquille contemplation d'une chenille verte.
Les Deux Freres. Izu, Japon - Paul Jacoulet, 1936
Les Deux Freres. Izu, Japon - Paul Jacoulet, 1936

Les Bons Piments Rouges. Johokuri, Coree - Paul Jacoulet, 1954
Les Bons Piments Rouges. Johokuri, Coree - Paul Jacoulet, 1954

La Chenille Verte. Coree - Paul Jacoulet, 1936
La Chenille Verte. Coree - Paul Jacoulet, 1936

Dans la grande tradition, il maîtrise aussi les sujets animaliers et végétaux.
Le Nid. Coree - Paul Jacoulet, 1941
Le Nid. Coree - Paul Jacoulet, 1941

Ses trois jolies Coréennes emmitouflées célèbrent la beauté féminine, dans une élégante composition.
Flocons De Neige. Pengyong, Coree - Paul Jacoulet, 1956
Flocons De Neige. Pengyong, Coree - Paul Jacoulet, 1956

Il faut vraiment voir les œuvres pour savourer la justesse des traits, la richesse des couleurs et la somptuosité des effets de transparence, comme dans «  les perles  » pour lesquelles plus d'une centaine de planches ont été nécessaires.
Les Perles. Mandchoukuo - Paul Jacoulet, 1950
Les Perles. Mandchoukuo - Paul Jacoulet, 1950

Gaufrage, utilisation du mica, d'or, couleurs éclatantes, les estampes présentées sont un pur ravissement.
Encore deux semaines pour voyager dans le monde flottant avec le maitre français....


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