L'Oeil Curieux

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Tag - Photographie

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dimanche 21 mai 2017

En voiture Simone !

Boulevard Raspail se trouve un parking enchanté.
Il suffit de pénétrer dans la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain, de choisir un des nombreux véhicules en attente et de partir alors pour

une excursion nostalgique dans l'histoire de la photographie, avec Henri Lartigue, Man Ray ou Asuhiro Ishimoto et sa série de belles Américaines endormies et enneigées, qui rappelle les séries de Bernd et Hilla Becher,

asuhiro Ishimoto, Chigago, Snow and Car, 1948 - 1952, collection of the Museum of Art, Kochi © Kochi prefecture, Ishimoto Yasuhiro photo Center
Asuhiro Ishimoto, Chigago, Snow and Car, 1948 - 1952
Collection of the Museum of Art, Kochi © Kochi prefecture, Ishimoto Yasuhiro photo Center

un détour par l'école de Chicago avec l’abstraction noire et blanche de Ray k. Metzker

Ray k. Metzker Philadelphia, 1963
Ray k. Metzker Philadelphia, 1963

une virée nocturne dans le New York des années 70,

"Blind Vette", Chevrolet Corvette, près de Bloomingdale's, 1974 © 2016 Langdon Clay
"Blind Vette", Chevrolet Corvette, près de Bloomingdale's, 1974
© 2016 Langdon Clay

Langdon Clay "Cars New York City, 1974-1976".

un tour dans les entrailles de nos bolides,

Valerie Belin, Moteurs, 2002
Valerie Belin, Moteurs, 2002

une course poursuite dans l'histoire du 7e art, avec Steve Mc Queen, sa Mustang, la maîtresse routière de mes rêves, et les rues de San Francisco,

Barry Feinstein Steve Mc Queen Bullit
Barry Feinstein Steve Mc Queen Bullit



ou un voyage initiatique dans la littérature avec Ella Mallart et sa voie cruelle ou le divin Nicolas Bouvier et son usage du monde, qui restera comme un de mes grands chocs littéraires

Thierry Vernet sur les routes de l'Orient, photo prise par Nicolas Bouvier• Crédits : Musée de l'Elysée/ Fond Nicolas Bouvier
Thierry Vernet sur les routes de l'Orient, photo prise par Nicolas Bouvier
Crédits : Musée de l'Elysée/ Fond Nicolas Bouvier

La visite m'a même encouragé à effectuer une croisière mémorielle sur mon Flickr, pour retrouver une des premières images de ma nouvelle vie de photographe numérique, à l'occasion d'un concours d'élégance au Parc de St Cloud, il y a presque 9 ans.

Victoria



Si le "lecteur audio" de France Inter fonctionnait correctement, vous auriez ici un bel objet à cliquer pour écouter l'émission "Regarder Voir", mais comme il s'obstine à ne pas fonctionner sur mon Blog, vous n'aurez qu'un pauvre lien "Autophoto : l'automobile dans l'œil des photographes".


samedi 11 mars 2017

Cultivons notre jardin et aidons les jeunes pousses à s'épanouir

Il y a de la photographie dans la famille de l'Oeil Curieux, qui ne se résume pas à ma fidèle accompagnatrice aux expositions, ma douce Madame L'Oeil Curieux.
Il y a aussi un beau frère photographe professionnel à Montréal.

Aujourd'hui, pour ce billet, il y a surtout Olivier, le neveu, apprenti photographe en formation.

Dans le cadre de ses études, il doit financer son exposition de fin d’année.

Il a choisi une approche que je trouve assez originale de la photographie culinaire.
Je ne suis pas friand (ah, ah, kolossal jeu de mot), généralement, de la photographie de studio (sans doute par jalousie ou frustration de ne pas avoir suivi de formation théorique de photographie).
Mais son travail sur les couleurs et les textures mérite d'y jeter un œil... curieux.

Cosmos  © Olivier Decker
Cosmos © Olivier Decker

Mitonner un projet photographique qui associe nourriture, couleurs et textures ne pouvait qu'attirer et attiser le regard de l'Oeil Gourmand, pardon de l'Oeil Curieux.

Bref, pour changer des appels aux dons pour la BNF et autres incitations à l'achat du dernier "100 photographies pour la Liberté de la Presse" de RSF, je vous propose d'aller sur le site d'Olivier voir quelques photographies, et si vous avez envie d'aider un jeune à financer son projet de fin d'études, d'aller sur le site pour le financement participatif de son exposition.

Les photographies d'Olivier sont ici.
Le financement participatif de son exposition est ici.

Avec le support des milliers d'abonnés de l'Oeil Curieux, l'exposition d’Olivier pourrait devenir l'exposition de l'année, ravalant « Icônes CÔNES de l'art moderne. La collection Chtchoukine » tenue récemment à la Fondation Louis Vuitton, au rang d'anecdote dans la vie culturelle parisienne des 20 dernières années.

samedi 18 février 2017

Est-ce ainsi que les hommes vivent

Vous penserez certainement que je cherche à me hausser du col, mais deux vers d'Aragon me sont venus à l'esprit alors que je réfléchissais à ce billet et que je parcourais les photographies récompensées lors du World Press Photo 2017.

D'abord pour introduire la photographie qui est mon coup de cœur et mon premier prix 2017.
Aragon écrivait : « L'avenir de l'homme est la femme. »
La silhouette hiératique d'Ieshia Evans, tendant les mains pour se faire arrêter lors d'une manifestation contre les violences policières, est d'une grande beauté.
Les policiers anti émeute, sombres hannetons patauds, semblent hésiter, presque reculer devant cette jeune femme au port altier, dont la robe vole avec légèreté.

Jonathan Bachman Taking a Stand in Baton Rouge
Jonathan Bachman Taking a Stand in Baton Rouge
Contemporary Issues, first prize singles

Ensuite pour le titre du billet, avec cette question lancinante qui revient sans cesse alors que les photographes rapportent les horreurs et malheurs du monde.
Bien sur, c'est le propre du photojournalisme de montrer les guerres et l'actualité, souvent violente.
Mais j'ai l'impression que chaque année est pire que la précédente.
Que ce soient des images des guerres en Syrie et en Ukraine, de la mort d'un dictateur à Cuba, de la guerre folle contre la drogue aux Philippines, de la pauvreté derrière le beau décor au Brésil, ou encore de la terre et de la faune meurtries par nos mains, est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Tomás Munita Cuba on the Edge of Change
Tomás Munita Cuba on the Edge of Change
Daily Life, first prize stories

Peter Bauza Copacabana Palace
Peter Bauza Copacabana Palace
Contemporary Issues, third prize stories

Daniel Berehulak They Are Slaughtering Us like Animals
Daniel Berehulak They Are Slaughtering Us like Animals
General News, first prize stories

Valery Melnikov Black Days of Ukraine
Valery Melnikov Black Days of Ukraine
Long-Term Projects, first prize stories

Abd Doumany Medics Assist a Wounded Girl
Abd Doumany Medics Assist a Wounded Girl
Spot News, second prize singles

Francis Pérez Caretta Caretta Trapped
Francis Pérez Caretta Caretta Trapped
Nature, first prize singles

Amber Bracken Standing Rock
Amber Bracken Standing Rock
Contemporary Issues, first prize stories

Pour le premier prix officiel, dont l'attribution ne me satisfait pas, vous pouvez voir la photographie et un article sur le site de Polka Magazine (que je recommande au passage).

Post-scriptum
vous pouvez cliquer sur les photographies : cela vous dirigera vers les pages correspondantes du site du World Press Photo 2017.

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes nuits
Que faut-il faire de mes jours
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un coeur d'hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m'allonger près d'elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faÏence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t'en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton coeur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Louis Aragon




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