L'Oeil Curieux

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Tag - Photographie

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samedi 1 juin 2019

L'Oeil Curieux aime les légumes

Oui, je veux pousser un grand cri d'amour dans le désert de mes lecteurs : j’aime les légumes.

J'aime les légumes que j'achète au gré des saisons chez Élise et Thierry Riant, la troisième génération de maraîchers à servir ma famille sur le marché de ma ville natale.
J'aime les choux de Pontoise, qui me rappelle que l'île de France est aussi terre de paysans, les navets de Tokyo qui font voyager dans l'assiette, les carottes nouvelles qui se languissent des petits pois à venir, les tomates charnues dont les coulis ensoleillent ma cuisine d'hiver.


J'aime les légumes d'Ingar Krauss, modestes et pourtant sublimes dans leurs rehauts de peinture.
J'aime savoir que l'artiste a accompagné ses modèles depuis leur mise en terre jusqu'à leur mise en image.
Il a cultivé son jardin, récolté puis photographié.
Les tirages argentiques, révélés dans l’obscurité inactinique, ont ensuite été peints.
Un travail d'artisan, la nourriture de la matière par la lumière, aidée par la main de l'homme, s'achevant en des natures mortes qui célèbrent la vie.
Ingar Krauss "Sans titre, Jena" 2014
Ingar Krauss "Sans titre, Jena" 2014

Ingar Krauss "Sans titre, Jena" 2014
Ingar Krauss "Sans titre, Jena" 2014

Ingar Krauss "Sans titre, Jena" 2014
Ingar Krauss "Sans titre, Jena" 2014

Ingar Krauss "Sans titre, Zechin" 2018
Ingar Krauss "Sans titre, Zechin" 2018

L'exposition se termine aujourd'hui alors que j'écris ce billet.
Il sera donc trop tard pour une visite.
Mais je voulais écrire ces quelques lignes, car, contrairement à Zigomar, l'Oeil Curieux aime les légumes.
Philippe Corentin Zigomar n'aime pas les légumes
Philippe Corentin Zigomar n'aime pas les légumes


dimanche 12 mai 2019

Le géomètre

Dire que ce billet a failli ne jamais exister !
Il a fallu un post Facebook de ma fidèle accompagnatrice, dans la vie et les expositions, Mme L'Oeil Curieux, pour me rappeler que la rétrospective de Luigi Ghirri se terminait début juin.
Fine connaisseuse de mon goût pour la couleur, elle m'a appâté avec cet arc en ciel jaillissant du noir le plus obscur.
Luigi Ghirri, Haarlem, Pays-Bas, 1973 (série Vedute).
Luigi Ghirri, Haarlem, Pays-Bas, 1973 (série Vedute)

« Grazie Mille cara Chiara » répondis je dans un accès soudain d'Italien.
Oui, mille mercis pour cette exploration du géomètre de Scandiano et sa cartographie de l'Italie et du monde.
Mille merci pour ses cadrages, ses couleurs et ses séries hypnotiques.

Mille mercis pour son envers du décor, improbable et monochrome paysage,
Luigi Ghirri, Modène, 1978 (série Il paese dei balocchi).
Luigi Ghirri, Modène, 1978 (série Il paese dei balocchi).

Mille mercis pour son pompiste, observé in vitro,
Luigi Ghirri, Modène, 1973
Luigi Ghirri, Modène, 1973

Mille mercis pour ces gris qui se répondent, modestes et cependant émouvants,
Luigi Ghirri, Ile Rousse, 1976 (série Kodachrome)
Luigi Ghirri, Ile Rousse 1976 (série Kodachrome)

Mille mercis pour cette géométrie, ce cadrage au cordeau,
Luigi Ghirri, Modena, 1973
Luigi Ghirri, Modena, 1973

Dix mille mercis pour ces marins qui résonnent avec mon chocolatier,
Luigi Ghirri, Brest, 1972
Luigi Ghirri, Brest, 1972

L'Atelier du Chocolat / The Chocolate Workshop

L'Oeil Curieux, Paris, 2010

et des mercis à l'infini pour ce bleu azur, si pur et si bien nommé.

Luigi Ghirri, Rimini, 1977
Luigi Ghirri, Rimini, 1977

Grazie Mille cara Chiara
Grazie Mille caro Luigi


mercredi 8 mai 2019

Mon "Petit Nicolas"

Encore un titre qui va induire la lectrice ou le lecteur en erreur.
Le « petit » Nicolas en question est plus grand que moi (ce qui est très vexant quand on prétend être le mâle alpha).
De plus, il n'est pas à moi, puisque depuis l'abolition de l’esclavage, la possession d’êtres humains est interdite, sauf sous la forme du salariat

Mais, il a été mon binôme durant mes études de thermicien (à part donner des sueurs froides et avoir des coups de chaud, je ne pratique plus cette belle discipline) et mon témoin de mariage (toujours solide), alors avec ces deux exclusivités, je peux me l'approprier pendant quelques lignes.

Nous dévorions de la Science Fiction par kilogrammes, nous impressionnions des kilomètres de pellicules photosensibles (oui, cela remonte à la préhistoire) et nous avons quand même mené de brillantes études.

Nos chemins se sont séparés avec le service militaire pour moi, les études d'ingénieur pour lui (il m'a fallu quelques années pour le rattraper sur ce point).
Il est devenu un globe-trotter cosmopolite et polyglotte au service du bien de la planète dans une grande entreprise néerlandaise dont le logo a un rapport avec la coquille St Jacques (je balance, car je compte sur sa discrétion pour ne révéler ni mon activité ni le nom de mon employeur, sachant que je ne suis pas vraiment dans une activité caritative ou écologique et que je dois rester discret sur le sujet).

Un jour de 2017, il m'a retrouvé par Facebook (comme quoi, FB peut être bénéfique et ne sert pas qu'à partager des "LolCat" ou à truquer des élections).
Nous nous sommes revus à Paris le 2 février 2019 et depuis, les iMessages chauffent entre les Pays-Bas et la France (Madame L'Oeil Curieux dit que je suis avec "mon amant" quand je réponds à ses messages. Elle est caustique)

Nous avons l'impression de ne jamais avoir été séparés.

Avec l'age, les points communs se sont développés, ce qui me laisse penser que ce n’était pas un hasard de s'être trouvés, en 1979, à l'IUT de Ville d'Avray.

Après cette belle séquence « Les copains d'avant », je peux attaquer le cœur du billet  : faire la promotion d'un photographe et billettiste.

Quelque part, c'est compromettre l'audience de mon Blog (erratique), de mon Flickr (en sommeil) et de mon Instagram (poussif), car il est bien plus prolifique que moi.

En plus, de son nomadisme, il a retenu la supériorité de la langue anglaise pour une audience mondiale et il publie dans la langue de Shakespeare alors que je reste accroché à la langue de Molière comme une bernique sur son rocher.
Ajoutez des images des 4 coins de la planète (ben oui, la terre est plate et la forme d'un carré), une belle pratique du portrait (il doit chercher à voler l'âme des sujets) et du noir et blanc (alors que je vois en couleurs) et je me demande bien pourquoi je fais son éloge.
D'autant qu'avec mon public pléthorique, il ne va pas récupérer beaucoup de nouveaux suiveurs.

Il faut vraiment que l'Amitié, comme son frère aîné l'Amour, soit aveugle pour justifier ce billet.

Je glisse une de ses photographies parmi mes préférées pour avoir une belle image dans mon billet (en plus elle est dans son ouvrage « Itinerrands » dont je possède un exemplaire dédicacé à vendre au plus offrant – Mais non, Nicolas, je plaisante)
Montréal, Canada
Montréal, Canada | October 2009 © Nicolas Genty

Comme il n'est pas aussi pudique que moi, il publie sous son vrai nom (et il s'expose sans vergogne avec son appareil photographique, bonjour le cliché)


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