L'oeil curieux

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dimanche 12 avril 2015

Voyage au bout de son enfer

J'ai parcouru les sombres méandres de l’œuvre de Jérôme Zonder, littéralement, physiquement.
Des mètres de couloir sont lovés dans la Maison Rouge.
Je suis passé de pièce en pièce, après avoir traversé une forêt dense, chimérique, où flottaient déjà quelques dessins inquiétants.
Tout est sorti de l’imaginaire du dessinateur, tout a été réalisé pour l'exposition : décorations de murs, accrochage.

Une fois entré, il ne reste que deux solutions, rebrousser chemin ou avoir le courage d'aller jusqu'au bout.
Jusqu'au bout d'un univers étouffant, nourri d'art, de comics, de la violence, de toutes les violences, celle de l'enfance, de l'histoire, de notre société contemporaine.

Le parcours est éprouvant, malsain et fascinant.

Quels sordides secrets se cachent derrière une image d'anniversaire ?
On fête l'anniversaire de ses neufs ans #3, 2009 © Jérome Zonder
On fête l'anniversaire de ses neufs ans #3, 2009
© Jérome Zonder

Le quotidien nous angoisse.
Les fruits du dessin #35, 2015 © Jérome Zonder
Les fruits du dessin #35, 2015
© Jérome Zonder

La cruauté de l'enfance nous pétrifie.
Jeu d'enfants #1, 2010 © Jérome Zonder
Jeu d'enfants #1, 2010
© Jérome Zonder

Les fantômes de l'histoire nous hantent.
Chairs grises #11, 2014 © Jérome Zonder
Chairs grises #11, 2014
© Jérome Zonder

Même les œuvres abstraites sont étouffantes par leur précision maniaque, cette virtuosité qui nous entraîne dans l'infini.
A l'origine c'est plus petit qu'une fourmi, 2007 © Jérome Zonder
A l'origine c'est plus petit qu'une fourmi, 2007
© Jérome Zonder

Mais ne croyez pas qu'il vous suffira de sortir du couloir pour oublier....


dimanche 22 mars 2015

Petit billet de reprise

La tenue d'un blog est une pratique sportive.
Après une interruption, la reprise requiert plusieurs conditions pour être réussie.
il faut de l'envie et de la fraicheur.
il faut trouver le subtil équilibre entre l'exercice connu qui rassure et la nouvelle pratique qui surprend et motive.
Il faut recommencer modestement, avec humilité et écouter son corps et son esprit.

Je suis retourné à la MEP sans avoir mémorisé les expositions en cours.
Je savais seulement qu'elles se terminaient le 5 avril, et que j'ai toujours trouvé de petits bonheurs et souvent des grands dans les salles du bel hôtel de la Rue de Fourcy.

J'ai retrouvé avec plaisir Bernard Plossu et ses déclarations d'amour à l'Italie, pays de ses origines.

Petits formats d'encre et de blancheur comme de pudiques billets à l'Aimée.
© Bernard Plossu
© Bernard Plossu

Voluptueux tirages Fresson pour les façades qui aguichent le soleil avec leurs teintes effrontées.
© Bernard Plossu
© Bernard Plossu

J'ai été surpris et amusé par les images révélées par Eric Rondepierre, obstiné chercheur d'interstices, d'accidents et de hasard.
Que les pixels se perdent dans un hoquet numérique de la télévision par câble ou que des sous-titres apparaissent sur des images noires traquées de longues heures sur des magnétoscopes, et l'auteur nous emmène dans les marges des flux d'images.
DSL 17 © Eric Rondepierre
DSL 17 © Eric Rondepierre

Le Voyeur(Plans de coupe) © Eric Rondepierre
Le Voyeur(Plans de coupe) © Eric Rondepierre

J'ai terminé en rencontrant Grégoire Korganow pour la première fois, avec deux séries bien différentes.

Une plongée dans les prisons avec un reportage très graphique et détaillé.
Le photographe, contrôleur des lieux de privation de liberté, a parcouru la prison jour et nuit et nous livre une vision très forte de l'enfer de l’incarcération.
Prisons © Grégoire Korganow
Prisons © Grégoire Korganow

Prisons © Grégoire Korganow
Prisons © Grégoire Korganow

Une série de portraits de père et de fils, où l’œil cherche la ressemblance et éprouve le temps qui s'écoule.
Père et Fils © Grégoire Korganow
Père et Fils © Grégoire Korganow

Comme j'étais bien en jambes (curieuse expression pour l'Oeil....), j'ai enchaîné avec Paris, vu par les membres de Magnum.
Petit exercice facile, mais incontournable pour retrouver Henri Cartier Bresson ou Robert Capa et le photojournalisme que j'apprécie tant.
Explosion de gaz lacrymogènes sur le boulevard Saint-Michel, nuit du 10 au 11 mai 1968. - ©Bruno Barbey / Magnum Photos
Explosion de gaz lacrymogènes sur le boulevard Saint-Michel
nuit du 10 au 11 mai 1968.
©Bruno Barbey / Magnum Photos

Petit billet, mais plaisirs retrouvés de la visite et de l'écriture, avec un bon concert de Bowie pendant la rédaction (prélude à une prochaine visite à la Philarmonie de Paris).









dimanche 15 mars 2015

En attendant de le rencontrer à la Philharmonie de Paris !


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