L'Oeil Curieux

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 11 mai 2018

Des monts émerveillent

De retour du Mont Saint-Michel, devinez ce que je ramène à mes trop rares, mais très fidèles lectrices et lecteurs ?

Non, ce n'est pas une omelette de la Mère Poulard.
Non, ce n'est pas non plus une superbe boule de neige Archange et écusson.

Vous souvenez-vous de François Jouas Poutrel, le gardien de phare qui peignait des phares à la manière d'autres artistes-peintres ?

Il est maintenant en retraite, mais il a ressorti les pinceaux pour s’attaquer à un monument : le Mont Saint-Michel.
En une soixantaine d'oeuvres, le serial painter pioche dans l'histoire de la peinture d'abord, mais aussi de la sculpture et de la bande dessinée.
François Jouas-Poutrel - A la manière de Derain
François Jouas-Poutrel - A la manière de Derain

François Jouas-Poutrel - A la manière de Magritte
François Jouas-Poutrel - A la manière de Magritte

Il s'attaque même avec audace à la littérature avec un « à la manière de Victor Hugo » !

Cerise sur le gâteau, ou archange sur la flèche comme on dit dans la région, le peintre a rédigé un texte, souvent plein d'humour, pour accompagner chacun de ses tableaux.
Ce peut être une anecdote personnelle, le pourquoi du choix de l'artiste, voire des détails sur la technique nécessaire à l'hommage et c'est toujours un petit plaisir gourmand.
François Jouas-Poutrel - A la manière de Calder
François Jouas-Poutrel - A la manière de Calder

François Jouas-Poutrel - A la manière de Rothko
François Jouas-Poutrel - A la manière de Rothko

De retour d'une nuit sur le Mont, chauve de ses nombreux touristes diurnes, le redécouvrir à la manière d’eux m’a fait pétiller le regard.
François Jouas-Poutrel - A la manière de Matisse
François Jouas-Poutrel - A la manière de Matisse


dimanche 6 mai 2018

Vite, avant l'arrêt de "En suspens"

Je suis frustré, car je ne peux pas partager avec vous mon coup de cœur de la proposition poéticopolitique « En suspens » du BAL.

« View from Above », la vidéo d'Hiwa K est introuvable sur la toile.
D'un autre côté, si cela vous oblige à aller voir l'exposition dans la grosse poignée de jours restants, c'est finalement un mal pour un bien.
View From Above Hiwa K, 2017
View From Above Hiwa K, 2017

« View from above » est une histoire de migrants, de fiction, de ruines et de vies à reconstruire.
Hiwa K devait la porter en lui depuis longtemps; sur son site, la trame narrative existait déjà dans la rubrique « anecdotes ».

Sur les images de la maquette d'une ville détruite par la guerre, une voix raconte comment M a finalement obtenu l'asile à partir d'une histoire inventée.
Le narrateur lui-même est un migrant, et sa propre expérience infuse le récit.
J'ai été happé par le texte, le grain de la voix et le dispositif filmique qui souligne admirablement les paroles.

J'ai qualifié l'exposition de poéticopolitique, car les œuvres sont excessivement ancrées dans notre réalité, et souvent sur des pratiques ou des lieux plutôt déprimants.
Mais par la grâce du regard des artistes, la singularité de certaines des situations, il se dégage une atmosphère, une ode à l'humanité et sa fragilité, et aussi à sa résilience.

Comme avec ces vêtements de mineurs qui attendent les corps pour être à nouveau habités.
Darek Fortas Changing Rooms
Darek Fortas Changing Rooms

Comme avec ces hommes, incarcérés sans motif à Guantanamo, puis finalement libérés puis « déportés » vers des terres inconnues, pour un nouvel emprisonnement.
Welcome to Camp America © Debi Cornwall Welcome to Camp America © Debi Cornwall

Comme avec ces mystérieux vendeurs de roses à Beyrouth, présents chaque jour, mais ne vendant jamais rien, et peu à peu soupçonnés d'être des espions du voisin encombrant, la Syrie.
Paola Yacoub Les fleurs de Damas Crédit photographique : © Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP © Paola Yacoub Paola Yacoub Les fleurs de Damas
Crédit photographique : © Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
© Paola Yacoub




dimanche 29 avril 2018

Qu'ont ils fait à notre soeur loyale ?

Qu'ont ils fait à la Terre ?

Que faisons nous à la Terre ?
Que faisons nous à nos soeurs et frères humains ?

Les clichés du World Press Photo 2018 sont autant de réponses plus désespérantes les unes que les autres...

Nous laissons se noyer des réfugiés Rohingya, fuyant la haine religieuse.
Patrick Brown - Rohingya Crisis
Patrick Brown - Rohingya Crisis
Photo of the Year Nominee
General News, first prize singles

Nous laissons des réfugiés vivre comme des bêtes dans des cavernes urbaines.
Francesco Pistilli - Lives In Limbo General News, third prize stories Francesco Pistilli - Lives In Limbo
General News, third prize stories

Nous laissons des enfants se masquer pour espérer retrouver un visage détruit par la guerre.
Alessio Mamo -Manal, War Portraits People, second prize singles
Alessio Mamo -Manal, War Portraits
People, second prize singles

Nous regardons la faune disparaitre.
Thomas P. Peschak - Back in Time Environment, third prize singles
Thomas P. Peschak - Back in Time
Environment, third prize singles

Nous détruisons les forêts.
Daniel Beltrá - Amazon: Paradise Threatened Environment, third prize stories
Daniel Beltrá - Amazon: Paradise Threatened
Environment, third prize storie

Nous polluons la planête toujours et toujours plus.
Kadir van Lohuizen - Wasteland Environment, first prize stories
Kadir van Lohuizen - Wasteland
Environment, first prize stories

...
What have they done to the earth?
What have they done to our fair sister?
Ravaged and plundered and ripped her and bit her
Stuck her with knives in the side of the dawn
And tied her with fences and dragged her down
...
The Doors
When the music's over

Post-scriptum
vous pouvez cliquer sur les photographies : cela vous dirigera vers les pages correspondantes du site du World Press Photo 2018.

- page 1 de 112