L'Oeil Curieux

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lundi 26 mars 2018

Dangereuse récidive ?

Cela faisait bien longtemps que le phénomène ne s'était produit.
Pourtant, en ce samedi 24 mars, les planètes semblaient bien alignées.
Le printemps faisait des efforts pour affirmer sa présence, avec une douceur dans l'air qui remplissait les terrasses autour de Montparnasse.
La pizza calabrese et son verre de Primitivo, dégustés chez Oggi, m'avaient comblé.
Il ne restait plus qu'à faire quelques pas jusqu'à l'impasse Lebouis pour finir la journée avec une belle exposition, de surcroît d'un photographe que j'allais découvrir.

Avant d'aller plus loin dans ce billet, il faut prendre en compte deux éléments expliquant mon choix d'exposition du jour.
Il y avait d'abord le lieu, la Fondation Henri Cartier Bresson, qui a très souvent été le berceau de grandes et belles émotions, avec de remarquables expositions.
Ensuite, il y avait eu la Dispute du 31 janvier, qui m’avait donné envie (c'est le dernier sujet, à partir de la 43e minute de l'émission).


Je reviendrai sur cette dispute un peu plus tard.

Et alors ?
Durant et après la visite, rien !
Pas une émotion, pas une envie d'en savoir plus ou de découvrir d'autres œuvres de Zbigniew Dłubak.
Je me suis rarement autant ennuyé durant une visite.
Sans titre, vers 1946 © Armelle Dłubak / Archeology of Photography Foundation, Varsovie
Zbigniew Dłubak Sans titre, vers 1946
© Armelle Dłubak / Archeology of Photography Foundation, Varsovie

Je n'ai eu aucun plaisir esthétique, direct et primitif, en découvrant les images.

Et je n'ai même pas eu le petit plaisir intellectuel que peut générer une démarche, une pratique, et qui parfois renforce des sensations manquant de vigueur.

Je vais revenir sur la Dispute, que j'ai réécoutée avant d'écrire ce billet.
J'en arrive à la conclusion que je suis en état de faiblesse quand je rentre du travail après 19 heures et que j'écoute la radio.
Comment ai je pu avoir envie d'aller voir cette exposition en écoutant les chroniqueuses et chroniqueurs ?
Le discours est très savant, centré sur l'importance de cet artiste dans l'histoire de la photographie et de sa réflexion sur ce médium.
Mais finalement peu d'émotions, ce que j'ai malheureusement ressenti durant l’exposition.

Ceci étant dit, j'ai peut-être raté une grande exposition et un grand photographe à lire les écrits des Inrocks et de Culturebox.

Mais je pense que je vais survivre à cette lacune.


dimanche 1 octobre 2017

Né d'une dispute

Je crois beaucoup aux passeurs et au hasard.
Les passeurs sont celles et ceux, qui un jour, vous donnent l'envie de découvrir une œuvre, un artiste, un lieu.
Le hasard est le grand entremetteur, organisant la rencontre avec le passeur au détour d'une émission de radio ou de télévision, d'une discussion à la machine à café.

Ainsi, mercredi 27 septembre, le hasard, avec son grand pouvoir, a tordu l'univers pour que je tombe sur Arnaud Laporte et sa dispute, sur France culture.
À partir de la 41e minute et quelques secondes de l'émission, le hasard a orchestré avec précision ma découverte du peintre italien Giorgio Morandi.



Fin connaisseur de sa « victime », mon hasard, puisque chaque être humain est chaperonné par son hasard personnel, savait bien que le travail obsessionnel sur les bouteilles d’huile, vases et boîtes peuplant le quotidien de l'artiste me séduirait.
Peinture, aquarelle ou gravure, j'aime l'insistance à vouloir épuiser, sans jamais y réussir, un sujet, qui, in fine, n'est plus que le prétexte à la représentation.
Giorgio Morandi - Natura morta 1960 © DACS, 2017
Giorgio Morandi - Natura morta 1960 © DACS, 2017

GIorgio Morandi - Sans titre Photographie Jean Bernard
Giorgio Morandi - Sans titre Photographie Jean Bernard

Giorgio Morandi, Natura morta con tazzina e caraffa, 1929 © ADAGP 2017 Courtesy Morat-Institut für Kunst und Kunstwissenschaft, Freiburg i. Breisgau Photo: Bernhard Strauss
Giorgio Morandi, Natura morta con tazzina e caraffa, 1929
© ADAGP 2017 Courtesy Morat-Institut für Kunst und Kunstwissenschaft, Freiburg i. Breisgau
Photo: Bernhard Strauss

Giorgio Morandi - Paesaggio, 1957 ©Adagp, Paris, 2017, Collection Privée / Private Collection
Giorgio Morandi - Paesaggio, 1957
©Adagp, Paris, 2017, Collection Privée / Private Collection

Il est vraiment bon prescripteur le hasard de l'Oeil Curieux.

Il connaît aussi bien Paris et mes lieux habituels de visite, car la Galerie Karsten Greve n'est pas très loin de la MEP, ce qui m'a permis un passage par l'hôtel de la rue de Fourcy, avec quelques satisfactions.

Le procédé a beau être bien connu, l'effet en est toujours saisissant et Liu Bolin se fondant dans un dragon mérite le détour.
Liu Bolin - Dragon Series Panel 7 of 9, 2010
Liu Bolin - Dragon Series Panel 7 of 9, 2010

Plus inattendus, les travaux d'Anne et Patrick Poirier interrogent la mémoire, faisant de la photographie le support d'une nouvelle création.

Images de Syrie, teintées à l’aniline, résonnant étrangement dans l'actualité.
Série Villes Mortes, Syrie, 1992 © Anne et Patrick Poirier. Photo Jean-Christophe Lett. Adagp, Paris, 2017
Anne et Patrick Poirier - Série Villes Mortes, Syrie, 1992
© Anne et Patrick Poirier.
Photo Jean-Christophe Lett. Adagp, Paris, 2017

Déjà encombrant tourisme de masse dans les années 70, mais rendu presque amusant par les rehauts de couleurs.
Paysages révolus, 1974, de la série Selinunte © Adagp, Paris / Cnap / photographe : Yves Chenot
Anne et Patrick Poirier - Paysages révolus, 1974, de la série Selinunte
© Adagp, Paris / Cnap / photographe : Yves Chenot

Mémoire encore et toujours avec la série « Dust » de la photographe Russo-suédoise Xenia Nikolskaya et ses belles demeures cairotes toutes empoussiérées d'un passé de splendeur.
Xenia Nikolskaya - Villa Casdagli, Garden City, Cairo, 2010
Xenia Nikolskaya - Villa Casdagli, Garden City, Cairo, 2010





samedi 3 juin 2017

Avec gourmandise

Ceux qui connaissent mon avatar physique le diront : L'Oeil Curieux porte la gourmandise dans son corps.
D'ailleurs, l'Oeil Gourmand aurait été aussi un bon nom pour mon blog.

Par delà le goût de la bonne chère, la gourmandise évoque surtout pour moi la passion, l'envie de découvertes et le partage.

Dans un de ces mystérieux cycles qui rythment nos vies, je vois donc ce billet comme l'aboutissement inéluctable d'une suite d'évènements marqués par la gourmandise.

21 mai
Je regarde à nouveau « Le festin de Babette » sur ARTE (il est disponible encore 2 jours en replay, à ne pas rater!),

29 mai
Achat et lecture de « À boire et à manger avec Sonia Ezgulian »,

Guillaume Long - À boire et à manger avec Sonia Ezgulian

1er juin
Déjeuner en terrasse avec Marie et des Aperol Spritz (« L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ») qui fleuraient bon les beaux jours,

2 juin
je ramène dans mon cabas des joues de porc, des ris de veau et des tripes me disant que je trouverai l'inspiration pour accommoder ces mets et les partager avec Madame L'Oeil Curieux.
Ce qui se présente bien, car les joues ont déjà longuement mijoté dans une daube « à ma façon », avec un bon Corbières, et quelques jeunes échalotes nouvelles d'Élise et Thierry, fournisseurs maraîchers officiels de l'Oeil Curieux (le dimanche sur le marché de Suresnes) dans la superbe cocotte en fonte « Cousances » héritée de la grand-mère de Madame l'Oeil Curieux.
Quant aux tripes, plat dont je raffole, mais envers lequel Madame l'Oeil Curieux éprouve quelques réticences, à mon sens infondées, j'ai trouvé une recette de « Tripes à la Florentine » qui devrait la convertir définitivement.

Dans un long week-end de la Pentecôte qui ne verra pas d'exposition visitée, je partage donc avec vous mon goût immodéré pour « A boire et à Manger », le blog gastronomique de Guillaume Long, aussi disponible en livres, d'où mon achat du 29 mai.

ABAM, comme on dit entre habitués pour « A boire et à Manger », ne se réduit surtout pas à des recettes de cuisine en bande dessinée.
Bien sur, comme amateur de BD, j'aime le dessin, faussement simple.
Bien sur, comme cuisinier du dimanche (et aussi de quelques autres jours de la semaine), j'apprécie les recettes.
Mais ABAM, c'est aussi la mémoire qui se transmet avec les recettes, les souvenirs qui resurgissent avec une odeur, un goût ou une texture et les ustensiles qui traversent le temps.
C'est l'amour qui mitonne dans les plats qui seront partagés avec les amis.
C'est l'humour et l'auto dérision qui sont le sel de Guérande et le poivre du Sichuan de la vie.
Ce sont aussi des digressions savoureuses, avec l'intrusion de personnages publics plutôt inattendus sur un blog gastronomique.
J'adore ce mode de fonctionnement qui est capable de relier tout avec tout, souvent par un lien ténu comme seul un imaginaire fécond et facétieux peut en tisser.
Et quelle meilleure illustration que cet épisode d'ABAM qui accueille comme invité, le regretté Lemmy Kilmister de Motorhead  ?



Au fait, j'ai oublié de vous parler des ris de veau qui seront simplement poêlés et dégustés dans leur plus simple appareil.

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